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A Bezons et Argenteuil, une entreprise de nettoyage profite d’un changement de prestataire pour licencier des travailleurs sans-papiers

Depuis le 9 novembre, les travailleurs en charge du nettoyage des parties communes des 12.000 logements du bailleur social AB Habitat (bailleur social d’Argenteuil et Bezons, dans le Val d’Oise (95)) sont en lutte.
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Visite de Sophie Binet sur le piquet de grève organisé par les salariés

Suite à un appel d’offre, la société EDS LABRENNE a été choisie par le bailleur AB-H pour remplacer la société IDF-Net Services qui assurait les missions de nettoyage de ses 12 000 logements jusqu’au 1er novembre 2023 dernier. La reprise du contrat par le nouveau prestataire devait s’accompagner de la reprise des 48 travailleurs de la société IDF- Net Services, comme le prévoit l’article 7 de la convention collective des entreprises de propreté, un dispositif encadré par l’article L1224-1 du Code du travail qui permet le transfert des contrats de travail, un article dont nous parlions déjà dernièrement.  Pourtant, la société EDS LABRENNE a décidé de ne pas reprendre 28 des 48 salariés mettant en avant plusieurs cas de dérogation. 

Pour certains, ce motif serait que ces salariés sont en situation irrégulière. Comment toutefois ne pas y voir un opportunisme de la part de EDS LABRENNE qui – comme AB Habitat et IDF Net Service – ne pouvait ignorer la situation de ces derniers ? Leur licenciement représente une aubaine pour EDS LABRENNE qui peut dorénavant faire travailler à mi-temps 20 employés à l’entretien de 12.000 logements, une tâche qui semble irréalisable dans des délais si courts. 

Les revendications des salariés sont claires : la reprise de tous les employés  ainsi que la régularisation qui leur est dûe après toutes ces années à travailler pour la communauté Bezonnaise et Argenteuillaise. À l’heure actuelle, les sociétés impliquées ainsi que les maires d’Argenteuil, Georges Mothron, et de Bezons, Nessrine Menhaouara, restent sourds aux demandes des salariés. Ces derniers sont pourtant grandement responsables de la situation étant donné qu’ils siègent tous les deux au Conseil d’administration d’AB Habitat, présidé d’ailleurs par Nessrine Menhaouara.

Ali, un des salariés licenciés, nous confie : “avant, on nous demandait déjà de nettoyer entre 20 et 30 bâtiments par jour et ce en étant à mi-temps. Aujourd’hui pour ceux qui n’ont pas perdu leur travail, c’est plus du double qu’ils devront faire”. Ces derniers conservent donc un salaire à mi-temps pour un travail qui leur en prendra beaucoup plus. En plus de la situation désastreuse des salariés, ce sont encore les habitants des locaux HLM qui seront pénalisés et verront la qualité du nettoyage grandement diminuer. 

Le problème, ce n’est pas que les salariés travaillent mal, ils font le maximum et accomplissent déjà une tâche impossible, mais à vingt ils ne peuvent pas accomplir un travail qui était déjà très difficile pour 50 personnes” explique N’Da Sylvain qui n’a pas perdu son travail mais soutient chaque jour ses camarades en lutte.

La plupart des salariés travaillent depuis plusieurs années pour AB Habitat et ont déjà obtenu le soutien populaire des locataires de AB Habitat, de l’Union locale CGT et FO, ainsi que du député de la circonscription, Paul Vannier. Ils continuent toutefois de chercher du soutien. « Il faut être nombreux pour gagner et ici, il faut plus de gens« , développe Ali, « ce combat, il n’est pas juste pour nous, il est pour tous ceux qui sont dans ces situations difficiles, il faut ce soutien pour gagner le respect et pour pouvoir travailler dignement« .