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Pas de sortie de crise en vue pour Beaubourg

Depuis 13 semaines, les agents du Centre Beaubourg se mobilisent afin d’obtenir des garanties pour leur avenir par la direction. Ils exigent notamment que soit inscrit dans le protocole d’accord la non-externalisation de leurs missions et le maintien du plafond d’emploi à la suite des travaux de rénovation prévus entre 2025 et 2030. Fermé pendant les deux semaines des vacances de Noël, du 23 décembre au 8 janvier, le musée Pompidou a vu ses agents de nouveau voter la grève en Assemblée générale le 11 janvier avant l’ouverture du musée.
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Depuis 13 semaines, les agents du Centre Beaubourg se mobilisent afin d’obtenir des garanties pour leur avenir par la direction. Ils exigent notamment que soit inscrit dans le protocole d’accord la non-externalisation de leurs missions et le maintien du plafond d’emploi à la suite des travaux de rénovation prévus entre 2025 et 2030. Fermé pendant les deux semaines des vacances de Noël, du 23 décembre au 8 janvier, le musée Pompidou a vu ses agents de nouveau voter la grève en Assemblée générale le 11 janvier avant l’ouverture du musée.
Les agents votent la grève lors de l'Assemblée générale le 11 janvier 2024 - Crédits: @mmcm.photo

Le mouvement social s’enlise depuis le 16 octobre. Les agents ont multiplié les actions pour se faire entendre, notamment en faisant irruption au Comité Social d’Administration (CSA) ministériel du 7 décembre, ou plus récemment en accrochant une banderole le 30 décembre “En grève” sur la façade du musée. Une autre manière pour montrer que “les personnels en grève restent déterminés et le font savoir”, selon Nathalie Ramos, Secrétaire Générale du Syndicat National des Musées et Domaines de la CGT. Les agents de la sécurité et de la sûreté incendie ont été chaudement applaudis pour avoir “maintenu le Centre fermé pendant les 15 jours de Noël  malgré certaines pressions”. 

Banderole "En grève" accrochée sur la façade le 30 décembre 2023

Une brèche ouverte ?

Le mouvement a également reçu des soutiens syndicaux lors des dernières Assemblées générales (AG), Sophie Binet, Secrétaire générale de la CGT était présente lors de l’AG du 22 décembre tout comme Clément Poullet, Secrétaire fédérale de la Fédération nationale de l’enseignement, de la culture et de la formation professionnelle – FO et Alexis Fritche, Secrétaire générale CFDT-Culture le 11 janvier. Des personnalités politiques ont également répondues présentes avec les prises de paroles du sénateur PCF Ian Brossat et du député LFI Jérôme Legrave lors de la dernière  Assemblée. Ce dernier a d’ailleurs promis d’interpeller le nouveau Premier Ministre, Gabriel Attal, afin qu’il se saisisse du dossier et qu’une réunion regroupant les organisations syndicales du Centre, la Direction du musée et le Ministère de la Culture soit organisée. 

Une brèche serait donc ouverte, dans un contexte de remaniement avec une nouvelle Ministre de la culture que l’intersyndicale espère “un peu plus à l’écoute” et “qu’elle prenne ses responsabilités vis-à-vis du service public”. Cependant la nomination hier soir de Rachida Dati, figure de droite, a quelque peu douché l’espoir des grévistes même si le dialogue ne pourra être pire qu’avec sa prédécesseure. 

Les revendications restent quant à elles inchangées. En haut de la liste figure toujours le maintien du plafond d’emploi à la réouverture du musée. Pour rappel, 25% des effectifs sont amenés à partir à la retraite durant cette période. La non-privatisation des missions des agents est aussi un point clé sans lequel l’intersyndical refusera de signer le protocole d’accord. D’après un représentant de l’UNSA, un autre point évoqué pendant l’AG concerne les conférencières qui, “contrairement à ce qui est annoncé, n’ont pas acquis le maintien de leur rémunération dans le protocole”.

Les différents représentants de l'intersyndicale ont pris la parole lors de l'AG du 11 janvier - Crédits: @mmcm.photo

La BPI rejoint le mouvement

Les grévistes de Beaubourg ont été rejoints par les agents de la Bibliothèque Publique d’Information en novembre. Alors qu’ils étaient les seuls personnels à être redéployés dans un lieu unique pour la durée des travaux sur le campus de Lumière (Paris 12e), ils ont obtenu peu d’informations sur leurs prochaines conditions de travail. Les bureaux d’accueil, actuellement au nombre de 10, ne figuraient pas sur les plans du nouvel agencement de la bibliothèque transitoire qui ont été présentés. En plus de n’avoir aucune visibilité sur leur espace de travail pour les 5 ans à venir, les agents de la BPI s’inquiètent de son organisation post-rénovation. Tout comme les agents du Centre, ils n’ont aucune certitude quant au maintien du plafond d’emploi de la bibliothèque.

“On demande sans cesse quel est le projet culturel. Si on fait le choix de supprimer autant de livres, c’est qu’on a une vision, qu’on veut proposer quelque chose au public. On suppose que ce sera un service très dégradé car on est en train de taper dans l’os des collections. Que va-t-on proposer si ce n’est quelques livres pratiques et des dictionnaires.”

La Direction a demandé aux agents de se séparer de 20% des collections de la bibliothèque faute de place dans le nouveau lieu d’accueil proche de Bercy. 80 000 ouvrages vont ainsi être donnés à l’entreprise Recyclivre malgré la proposition de donner ces livres à des bibliothèques spécialisées qui a été refusée. D’ores et déjà, 1300 bouquins sont récupérés chaque mardi afin d’être revendus ou détruits. Un service qui risque de se dégrader à la fois pendant les travaux, mais surtout à la réouverture, d’autant plus que selon les dernières estimations, la fermeture avoisinerait plus les 7 ans que les 5 années prévues.

 

A ce jour, aucune avancée significative n’a été observée. Lors du dernier CSA ministériel, le Secrétaire général aurait annoncé qu’il revenait à la gouvernance locale de répondre directement aux questions du plafond d’emploi et de la non-externalisation et que le ministère n’y voyait aucun inconvénient. Malgré ce timide pas en avant, l’intersyndicale reste sans nouvelle de la direction de M. Le Bon qui, dans un dernier mail du 4 janvier, annonçait revenir rapidement vers les organisations syndicales pour “convenir d’un prochain temps d’échange”. Silence radio depuis. En attendant, les agents ont réaffirmé leur souhait de “ne pas céder, de maintenir la pression, ainsi que le rapport de force”.