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L’usine Coca-Cola à Clamart, c’est terminé.

L’usine Coca-Cola de Clamart devrait fermer ses portes dans le cadre d’un PSE à l’horizon 2025. Une drôle de récompense pour les salariés qui produiront une grande partie des boissons de la marque qui seront écoulées durant tout l’été à l’occasion des Jeux Olympiques Paris 2024.
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La plus vieille usine française du groupe sacrifiée

L’annonce aux salariés devrait être faite ce mercredi lors d’un CSE exceptionnel. Les 155 travailleurs et travailleuses du site de Clamart (92) vont voir leur usine fermer ses portes d’ici fin 2025. Inauguré en 1965, c’est le site historique en France du groupe Coca-Cola Europacific Partners (CCEP), le distributeur et l’embouteilleur de l’entreprise Coca-Cola Compagny en Europe. L’usine de Clamart produit notamment une grande partie des bouteilles en verre pour la France, à destination des restaurants et des bars, ainsi qu’une partie des bouteilles pour l’Île-de-France.

Sur les 155 salariés concernés par ce plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), le géant de la boisson devrait annoncer le transfert d’environ 100 postes sur le site de Grigny (91) et la suppression d’une cinquantaine d’autres. Ces dernières devraient permettre des économies de l’ordre de plusieurs millions d’euros par an, alors même que CCEP réalisait un chiffre d’affaires de 17,3 milliards d’euros en 2022 dont 2,5 milliards d’euros en France.

Cette fermeture survient sous fond de tension avec la mairie de Clamart à propos du terrain sur lequel se trouve l’usine. Le groupe CCEP a longtemps eu pour projet d’acquérir des terrains alentour, appartenant à la mairie, pour agrandir son site. Une extension à laquelle Jean-Didier Berger, maire Les républicains, n’a jamais été très favorable lors de ses deux derniers mandats. Las de négociations stériles avec la collectivité locale, Coca-Cola aurait décidé de mettre fin à ses investissements à Clamart pour se tourner vers le site de Grigny.

Le site de Grigny rafle la mise mais les travailleurs de Clamart feront le succès des JO

Coca-Cola a donc préféré investir dans le site de Grigny. 114 millions d’euros d’investissement ont été annoncés l’an dernier. Une nouvelle enveloppe pourrait être annoncée afin de rassurer les syndicats sur les intentions de Coca-Cola en France.

Très vigilant sur son image, le groupe a indiqué vouloir réduire sa pollution plastique. Dans le cadre des Jeux olympiques de Paris, qui se veulent des jeux “verts”, Coca-Cola s’est engagé à ne pas utiliser une bouteille plastique. Les 20 millions de boissons fraîches consommées durant la quinzaine, le seront grâce à des fontaines avec des gobelets réutilisables et des bouteilles verres, bouteilles que Coca-Cola produit exclusivement à Clamart ! Une production de bouteilles en verre qui sera donc transférée à Grigny d’ici 2025.

Les Jeux olympiques sont un moment intense de communication pour l’entreprise qui est partenaire de l’événement depuis 1928 et qui a récemment prolongé son contrat jusqu’en 2032 au minimum. Les salariés du site de Clamart apprécieront la récompense de leurs efforts pour faire de cet événement un succès commercial pour la firme.

Coca-Cola coutumier du fait ?

La CCEP compte actuellement 5 sites en France à Socx, Grigny, Clamart, Pennes-Mirabeau et Castanet-Tolosan et son siège à Issy-les-Moulineaux. Le groupe, qui emploie environ 2500 salariés, avait déjà rogné sur ses effectifs en 2017 en fermant 250 postes alors même que les résultats étaient stables. 

Chaque plan social est justifié par le même élément : “la sauvegarde de la compétitivité”.  Une justification qui demande une menace avérée sur l’entreprise comme la baisse du chiffre d’affaires, la perte rapide de parts de marché… autant d’éléments sur lesquels Coca-Cola ne semble en aucun cas en danger aujourd’hui alors que CCEP France réalise 89 millions d’euros de bénéfice net en 2022 en croissance par rapport aux années précédentes.