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Les licenciements économiques en France au premier trimestre 2023

Dans un climat économique complexe, qui voit le chiffre du chômage baissé en trompe-l'œil, les licenciements économiques continuent en France. Depuis l'an dernier, ces licenciements auparavant concentrés essentiellement dans l'industrie touchent de nouveaux secteurs. Cette tendance se confirme au premier semestre 2023.
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La Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES), a répertorié 24 564 licenciements économiques en 2022 dans des entreprises de plus de 50 salariés. 

Pour le premier semestre 2023, Stop Licenciement, un site qui référence avec l’appui des articles de presse toutes les entreprises qui licencient des salariés dans le secteur privé en France, dénombre déjà 7050 licenciements économiques.

Trois secteurs sont fortement impactés. L’industrie avec des fermetures d’usines qui se poursuivent mais plus étonnant, le commerce ainsi que le secteur des hautes technologies :  la  “tech”.

Le secteur du commerce fait  face à des mutations profondes avec des modes de consommation qui ont évolué ces dernières années. Dans le secteur du  textile, des marques françaises historiques comme Camaïeu l’an dernier ou la filiale de l’américain Gap ce semestre, ont mis la clef sous la porte du fait d’un marché en pleine mutation. Le virage du numérique,  la concurrence de la fast fashion ou encore la vente de seconde main, ont eu raison de ces enseignes. Des stratégies d’entreprise discutables ont précipité leur chute, et les salariés en paient le prix fort. Quotidien avançait le 11 avril que sur les 2600 licenciements économiques de la marque Camaïeu seul 10% avaient retrouvé du travail 6 mois après leur licenciement, un taux inquiétant alors que de nombreuses entreprises du secteur sont en train de licencier. 

Outre le commerce, le secteur de la tech traverse lui aussi une période de crise. Après une expansion fulgurante ces dix dernières années et accrue au gré des confinements successifs, la tech voit sa croissance ralentie avec le retour à une vie sociale normale post-pandémie. Le monde de la tech n’est pas épargné par l’inflation, notamment du fait d’une réduction du nombre d’abonnés sur de nombreuses plateformes. Les entreprises pointent du doigt la baisse des revenus publicitaires pour justifier ces “restructurations”, comme la maison mère de Facebook, Meta. La tech semble avoir atteint ses limites et abandonne certains projets ambitieux pour se recentrer sur l’Intelligence Artificielle. La firme de Mark Zuckerberg renonce même à son projet phare métavers, qui consistait à créer un monde virtuel en trois dimensions accessible en réalité augmentée. Cet exemple illustre un secteur qui se cherche face à une stagnation économique après des années d’expansion. 

Sur le premier trimestre de l’année 2023, on constate que le secteur le plus touché par les licenciements est celui de la Tech pour 39%. Il est suivi du commerce à hauteur de 35% puis de l’industrie avec 26%.

Comme depuis 3 décennies, on continue d’observer une désindustrialisation progressive de la France via la délocalisation d’usines. Responsable de nombreux licenciements ces dernières années, ayant pour conséquence une baisse continue de la part d’ouvriers et d’agents de maîtrise dans la société. 

Les licenciements économiques touchent donc les travailleurs de manière assez globale quel que soit le niveau de diplôme ou le secteur d’activité. La baisse de la protection des salariés face aux licenciements économiques rend la contestation de ces licenciements d’autant plus complexe et limite les actions des salariés, une aubaine pour les entreprises. Même si l’ensemble des secteurs sont touchés, le retour à l’emploi reste toujours plus dur pour les salariés les moins qualifiés. 

Quand les choix stratégiques des entreprises sont peu judicieux, ce sont les salariés qui trinquent. Ces derniers mois ont montré que les plans de licenciement concernent aussi un public diplômé et qualifié, habituellement peu touché par des PSE.