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Calais face à l’hémorragie industrielle

Depuis plusieurs mois, la ville de Calais voit ses industries fermer les unes après les autres. La CGT évalue à près de 1000 la perte d’emplois directs sur les deux dernières années. Une situation plus que préoccupante dans la région des Hauts-de-France où le taux de chômage atteint 9,2% de la population active (7,2% à l’échelle de la France métropolitaine). Meccano, Synthexim, Prysmian Draka, Catensys, bilan sur un bassin d’emploi en crise.
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Collectif des femmes des salariés licenciés de Draka-Prysmian lors de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 2024 à Paris - Crédit @Débrayage

Synthexim licencie en laissant une friche industrielle

Ces quatre usines totalisent plus de 400 suppressions de postes sur le territoire. La triste série a commencé avec l’annonce de la fermeture de l’usine Seveso Synthexim en mai 2023. Placée en liquidation judiciaire, l’usine pharmaceutique employait 104 salariés. Implantée depuis 120 ans, elle s’appelait Calaire Chimie jusqu’en 2013 et rencontrait déjà des problèmes financiers. Rachetée par Synthexim, une filiale du groupe chimique Axyntis, 111 postes avaient déjà été supprimés. 

Cependant, le feuilleton se poursuit alors que la mairie a porté plainte contre X. En effet, même fermé, le site héberge toujours des produits dangereux. En août dernier, les riverains ont observé avec inquiétude des dégagements de fumée émanant de la friche industrielle. Alors que la préfecture du Pas-de-Calais avait sommé l’entreprise d’agir en avant juin, aucune évacuation du site classé Seveso seuil haut n’avait été réalisée, faute de moyens. Pourtant, la maire de Calais, Natacha Bouchart, se demande où sont allés les 10 millions d’euros de subvention que l’entreprise a perçus.

Meccano: un PSE déguisé?

En octobre, le Calaisis a de nouveau été frappé par une fermeture, celle de Meccano, l’emblématique marque de jouets de construction qui cesse son activité après 50 ans d’existence. La seule usine de la marque en France a été fermée par son propriétaire canadien Spin Master, une trentaine de salariés ont été licenciés face au “manque de compétitivité”. Mais pour le délégué syndical CFDT Johnny Marmin, cette fermeture serait une délocalisation déguisée. Alors que le matériel devait être détruit ou vendu, il aurait été envoyé en Hongrie.

Prysmiam, les femmes des salariés se réunissent en collectif

Un mois plus tard, c’est l’annonce de la fermeture de Draka-Prysmian et le licenciement des 82 salariés qui a provoqué un véritable choc. Alors que la demande de fibre optique est en baisse avec la fin de Plan France Très Haut Débit, l’avenir de l’usine semblait se compliquer. Des licenciements qui vont impacter des familles entières, l’usine étant implantée depuis 1984 à Calais avec une moyenne d’âge de plus de 50 ans chez ses salariés. Des familles de salariés qui se sont mobilisées contre la fermeture du site et pour dénoncer l’abandon de Draka-Prysmian notamment au sein d’un collectif “Les femmes des salariés de Draka-Prysmian”. Lors de la journée internationale des droits des femmes, elles ont pris la parole en tête de cortège pour témoigner de la situation.

À la télé, on vous montre des ouvriers, des visages d’hommes qui perdent leur emploi. On ne montre pas, jamais, les femmes, les familles, qui subissent la violence des plans sociaux. Les femmes qui se lèvent aujourd’hui. Nous voilà, devant vous, avec vous !

Sophie Agneray, porte parole du collectif

Leur page Facebook, est “dédiée à toutes les femmes des salariés licenciés”.

L’équipementier Catensys réduit la voilure

La dernière victime en date est Catensys, spécialisé dans la production de chaînes de distribution pour moteurs thermiques. Victime collatérale du virage de l’électrification du parc automobile européen prévue pour 2035, la production est délocalisée dans une autre usine du groupe. Le 17 janvier, 73 suppressions d’emplois ont été annoncées d’ici 2025, mais in fine ce sont bien les 250 salariés du site qui sont menacés.

 

Plusieurs marches ont été organisées afin de dénoncer ces fermetures successives, notamment le 4 décembre 2023 et le 10 février 2024 à l’appel de l’Union locale CGT Calais. A cette liste s’ajoute le dentellier Desseilles qui a été placé en redressement judiciaire en octobre 2023 et emploie 87 salariés. 

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