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Au Bangladesh, les petites mains de l’industrie textile mondiale se mobilisent

Au Bangladesh, pays d’Asie du Sud de 170 millions d’habitants, l’industrie textile représente 85% des 55 milliards d’exportations annuelles. Les 3500 usines de confection travaillent pour des marques comme H&M, Zara, Levi’s, Primark, Adidas et bien d’autres…
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Des policiers tirent des grenades lacrymogènes face aux ouvriers de l’habillement rassemblés pour réclamer une augmentation de leur salaire à Ashulia, au Bangladesh, le 4 novembre 2023. © AFP

8 300 takas soit 70 euros, c’est le salaire de base des ouvriers et ouvrières du textile au Bangladesh. Face à une inflation galopante qui a atteint 10% en Octobre, les syndicats réclament un salaire minimum à 23 000 takas soit 195 euros.

Le pays avait déjà fait la une des journaux, il y a un peu plus de 10 ans après l’accident du Rana Plazza. Un immeuble de huit étages qui comptait de nombreux ateliers de confection s’était effondré, causant la mort de 1138 ouvriers et faisant 2500 blessés. Si depuis cette catastrophe les salaires ont légèrement augmenté et que des accords sur la sécurité sont discutés tous les 3 ans, les conditions de travail restent extrêmement dures avec des journées de 10 heures de travail 6 jours sur 7. 

La mobilisation a mis à l’arrêt près de 600 usines pendant deux semaines. Le travail a néanmoins repris depuis le début lundi, même si des manifestations éparses se poursuivent  en dépit d’une forte répression policière. Mercredi, à Gazipur, au nord de Dacca, la police a ouvert le feu à balles réelles sur les 400 manifestants, tuant une jeune femme de 23 ans, mère de deux enfants. 

La colère ne tombe pas malgré l’offre faite par l’association des fabricants et exportateurs de vêtements du Bangladesh (BGMEA), qui propose une augmentation de 50% des salaires avec un minimum de 12 500 takas (104 euros), un montant loin de satisfaire les travailleurs.

Contexte politique très tendu 

Ces manifestations ont coïncidé avec celles de l’opposition politique qui réclame le départ de la première ministre Sheikh Hasina, en fonction depuis 14 ans consécutifs,  avant les élections prévues en janvier. Les partis d’opposition doivent aussi  faire face à une intense répression policière. Selon “Prothom Alo”, journal bangladais, 8 000 partisans de l’opposition auraient été arrêtés dimanche 5 novembre.