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AIR France, des économies sur les salaires qui pourraient leur coûter cher 

Suite à une décision de la Cour d’Appel de Paris du 31 mars 2022, Air France a été condamnée pour non-respect d’un accord collectif du personnel navigant commercial (PNC) signé en mars 2013. Les salariés veulent maintenant se saisir de l’affaire pour récupérer leur dû et envisagent des poursuites juridiques.
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Ben Smith, PDG Air France-KLM

Lundi 3 octobre, des personnels navigants commerciaux de la société Air France se sont réunis en présence de leur avocat et des délégués du Syndicat National du Personnel Navigant Commercial (SNPNC). L’objectif de la réunion était de présenter les actions possibles suite au non-respect de l’accord collectif signé avec la compagnie.

En effet, les salariés de l’ensemble de la compagnie ont vu leur échelon gelé pendant une durée de 3 ans entre le 1er avril 2013 et le 31 mars 2016 avec l’engagement de la part d’Air France de les repositionner à l’échelon de carrière auquel ils auraient dû se trouver en l’absence de ce gel à la fin de cette période, ce qui n’a pas été fait.

Ce gel prolongé a amputé les salariés d’une partie de leur salaire mais a aussi bloqué leur avancement de carrière, ce qui provoque bien sûr une certaine colère et incompréhension des PNC concernés. 

UNE LUTTE POUR LES SALAIRES ET CONTRE UNE RUPTURE D'ÉGALITÉ

Dans une période économique complexe, une partie des salariés d’Air France souhaite lutter pour retrouver leur carrière, le niveau de salaire qu’ils méritent et réparer une situation discriminante. La compagnie aérienne n’a honoré qu’une partie de l’accord collectif en ne rattrapant les échelons de carrière que d’une partie de son personnel en 2016, créant de fait une rupture d’égalité avec les autres salariés laissés pour compte. Ce qui semble bien être une atteinte aux libertés fondamentales passe mal auprès des fidèles serviteurs de la compagnie qui entendent obtenir bien plus qu’un rattrapage des salaires, demander réparation.

AIR FRANCE CONDAMNÉE, MAIS PAS ENCORE INQUIÉTÉE

Alors que la Cour d’appel de Paris a rendu un jugement en faveur des employés d’Air France et enjoignant la compagnie à honorer sa part de l’accord, les salariés restent dans l’attente. Aucune sanction n’apparaît dans l’arrêt rendu par la Cour, établissant de fait un simple accord de principe auquel la compagnie aérienne ne semble pas prêter beaucoup d’importance. En effet, dans le droit français, une organisation syndicale peut faire condamner un employeur à appliquer une convention collective, mais faute d’astreinte dans la décision de justice, Air France n’est actuellement pas inquiétée. Afin d’arriver à leurs fins, les salariés vont (encore) devoir s’armer de patience et se retrousser les manches pour attaquer la compagnie en leur nom propre.

UNE CERTAINE RÉTICENCE DES SALARIÉS À ATTAQUER LEUR EMPLOYEUR

Lundi, alors que leur avocat exposait le détail des différentes options qui s’offraient aux salariés de la compagnie aérienne, certains se sont inquiétés d’éventuelles répercussions sur leur carrière, qu’une action en justice contre leur employeur pourrait entrainer. Ces craintes, si elles sont compréhensibles, sont le terreau de l’attitude de la direction du groupe Air France. En capitalisant sur cette peur des salariés à attaquer leur employeur pour faire valoir leur droit, la compagnie réalise de nombreuses économies sur les salaires dus mais non réclamés. Il faut évidemment rappeler qu’un salarié n’est jamais mieux protégé que lorsqu’il a un avocat. Si des mesures de rétorsion étaient prises à l’encontre de salariés en procès avec leur employeur, cela relèverait de l’infraction pénale.