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Tisséo : Qu’est ce qui ne tourne pas rond dans le transport toulousain?

Chez Tisséo, l’entreprise publique de transport en commun toulousaine, les salariés ont entamé un bras de fer avec la direction pour garder des salaires indexés sur l’inflation. En toile de fond de ce conflit : des bas salaires qui subissent de plein fouet la conjoncture économique et la dégradation des services publics.
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L'unité pour conserver des salaires indexés sur l'inflation

Depuis le 11 avril, les salariés de Tisséo ainsi que l’intersyndicale unie (SUD-Solidaire, CGT, FNCR et CFDT) tentent de protester contre la suppression de la “clause de sauvegarde”. Cette clause permettait d’indexer la hausse annuelle des salaires des employés de Tisséo sur l’inflation. Elle avait été accordée suite à un mouvement de grève en 2015 dans un contexte de faible inflation. Elle a été supprimée cette année par la direction, qui a proposé lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), une hausse des salaires de 2,8% à partir de juillet et une potentielle deuxième hausse de 1% en janvier 2024 si l’inflation est supérieure à 5% en 2023. Cette clause avait permis aux salariés de bénéficier d’une hausse des salaires de 5,9% en 2022.

Pour rappel, l’INSEE estime que l’inflation en avril 2023 était toujours aux alentours de 6% sur un an. Les syndicats demandent logiquement que les salaires continuent de suivre l’inflation et donc augmentent de 6%.

Direction et mairie coupées de la réalité

Le mouvement a commencé le 11 avril dernier quand 500 salariés ont envahi le siège de Tisséo.  Les salariés de l’entreprise, qui compte 2700 salariés dont 1400 conducteurs de bus et tram, sont fortement mobilisés. Le 11 mai, les métros, qui sont totalement automatiques, sont complètement mis à l’arrêt, une première dans l’histoire de l’entreprise. Plusieurs journées de mobilisation avec notamment le blocage des dépôts de bus lors de ces deux dernières semaines, ont fortement impacté le réseau de transport toulousain permettant de mettre la pression sur la direction de Tisséo. 

La direction semble imperméable au dialogue et est soutenu par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (ex-LR) qui a déclaré dans le journal le Monde « le seul reproche que je peux faire à Tisséo, c’est d’avoir justement un peu trop augmenté les salariés depuis trois ans »,  et être « totalement solidaire de la direction ». 

Un maire et une entreprise unis main dans la main pour refuser à des salariés de garder des conditions décentes d’emploi. Rien d’étonnant quand on sait qu’une partie du réseau de transport public à Toulouse est maintenant sous-traitée avec des chauffeurs payés au Smic.

Des grévistes déterminés mais toujours attachés à leur fonction

Les salariés restent mobilisés malgré la position ferme de la direction. 4 journées de mobilisation sont prévues au cours des deux prochaines semaines. Dès demain (14 juin) auront lieu des perturbations sur le réseau ainsi que vendredi 16 juin. Les grévistes ont néanmoins tenu à ne pas bloquer le jeudi 15 juin, pour laisser les lycéens aller à leur épreuve de français du baccalauréat. La semaine prochaine, les journées du mardi 20 et mercredi 21 seront aussi des journées de mobilisation.



Les grévistes ont mis en place une cagnotte pour les aider à financer leurs grèves. Vous pouvez la retrouver sous ce lien.

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